mardi 3 novembre 2015

Back in black

Lectrice, je ne te salue pas. Oui tu as bien lu, nul besoin de réajuster ta monture Goûtdechiottes ou Verresàchier, je ne te salue pas. Quant à toi, lecteur, ne sois pas jaloux de cet accueil pour le moins abrupt, je sais ton engouement pour la parité, enfin du moment que madame reste devant ses fourneaux et torche tes mômes sans trop la ramener, donc à ton tour de ne pas recevoir mes hommages du jour. A peine de retour sur ton écran et déjà de mauvais poil ? Sans blague ! Parce qu’il faudrait que je trépigne d’allégresse contenue avec tout ce qu’il se passe ? Devant tout ce qui te laisse de marbre ? Après presque dix mois de silence radio où je t’ai laissé les clés en toute confiance, je pars hiberner l’esprit serein loin du chaos mondialo-médiatico-sociéto-politico-économico-culturo-ettuttiquanti, je réintègre mes pénates et c’est le bordel plus que jamais !

Bien forcé de revenir scribouiller ma mauvaise humeur à ta plus grande joie. Si, si, à ta plus grande joie et ne commence pas à me faire chier sans quoi je me trisse recta ! Alors, quoi de neuf ? Ben pas grand-chose, à vrai dire. L’Homo-Citadinus devient de plus en plus con. Je m’en doutais depuis belle lurette mais là, c’est le Guiness Book de la monstruosité qui enregistre chaque seconde passée sur notre bon vieux caillou. Déjà que je récupérais difficilement de l’attentat perpétré contre mes vieux Charlie’s boys. Tu as vu comment le soi-disant glorieux « esprit Charlie » né le 11 janvier s’est dissous au fil des mois ?  Tu as déjà tout oublié, tout enseveli sous les infos dégueulées par tes multi écrans. Et c’est reparti pour un tour : la montée du FN avec 2017 en point de mire, le fanatisme religieux galopant, sans migrants pas de Calais, le PSG loin devant en Ligue 1, etc.

Et ton Pirate préféré au milieu de tout ça ? A peine zen.  J’observe, je lis, je me garde bien d’intervenir. Ne pas réagir à chaud. Je ne te dis pas que certains soirs, je ne tirerais pas dans le tas. Que je n’irais pas t’immoler en place publique. Féérie d’essence. Que je ne donnerais pas dans l’hémoglobine. Sang pour sang boucherie. Que l’amour de mon prochain ne tient plus qu’à un fil. Si ténu qu’il m’empêche quand même de pulvériser d’un ciseau acrobatique ou d’une balle à bout portant la lucarne audiovisuelle familiale. De descendre dans la rue pleurer, crier, hurler, casser, frapper, balancer, enfin bref, tout verbe de premier groupe du moment que je sois soulagé de cette rage débordante.

Alors je remonte sur le pont. Je reprends le clavier. C’était ça ou le flingue. Sois heureux, lecteur, même si tu n’es pas tiré d’affaire avec ta lobotomie. Quand tu auras fini de faire la gueule, lectrice, n’oublie pas de débrancher ton écran pour libérer une connexion sur ce qu’il te sert de cerveau. Economie d’énergie avant tout. La dernière chose dont tu vas avoir besoin dans un futur proche. Le reste n'est que superflu. Comme ce billet d'humeur. Mais je suis de retour. En noir. Riff d'Angus Young. Ad libitum.