Lectrice, je ne te salue pas. Oui
tu as bien lu, nul besoin de réajuster ta monture Goûtdechiottes ou Verresàchier,
je ne te salue pas. Quant à toi, lecteur, ne sois pas jaloux de cet accueil
pour le moins abrupt, je sais ton engouement pour la parité, enfin du moment
que madame reste devant ses fourneaux et torche tes mômes sans trop la ramener,
donc à ton tour de ne pas recevoir mes hommages du jour. A peine de retour sur ton
écran et déjà de mauvais poil ? Sans blague ! Parce qu’il faudrait que je trépigne
d’allégresse contenue avec tout ce qu’il se passe ? Devant tout ce qui te
laisse de marbre ? Après presque dix mois de silence radio où je t’ai
laissé les clés en toute confiance, je pars hiberner l’esprit serein loin du
chaos mondialo-médiatico-sociéto-politico-économico-culturo-ettuttiquanti, je réintègre
mes pénates et c’est le bordel plus que jamais !
Bien forcé de revenir
scribouiller ma mauvaise humeur à ta plus grande joie. Si, si, à ta plus grande
joie et ne commence pas à me faire chier sans quoi je me trisse recta !
Alors, quoi de neuf ? Ben pas grand-chose, à vrai dire. L’Homo-Citadinus
devient de plus en plus con. Je m’en doutais depuis belle lurette mais là, c’est
le Guiness Book de la monstruosité qui enregistre chaque seconde passée sur
notre bon vieux caillou. Déjà que je récupérais difficilement de l’attentat
perpétré contre mes vieux Charlie’s boys. Tu as vu comment le soi-disant glorieux
« esprit Charlie » né le 11 janvier s’est dissous au fil des mois ?
Tu as déjà tout oublié, tout enseveli
sous les infos dégueulées par tes multi écrans. Et c’est reparti pour un tour :
la montée du FN avec 2017 en point de mire, le fanatisme religieux galopant, sans
migrants pas de Calais, le PSG loin devant en Ligue 1, etc.
Et ton Pirate préféré au milieu
de tout ça ? A peine zen. J’observe, je lis, je me garde bien d’intervenir.
Ne pas réagir à chaud. Je ne te dis pas que certains soirs, je ne tirerais pas
dans le tas. Que je n’irais pas t’immoler en place publique. Féérie d’essence. Que
je ne donnerais pas dans l’hémoglobine. Sang pour sang boucherie. Que l’amour
de mon prochain ne tient plus qu’à un fil. Si ténu qu’il m’empêche quand même de
pulvériser d’un ciseau acrobatique ou d’une balle à bout portant la lucarne
audiovisuelle familiale. De descendre dans la rue pleurer, crier, hurler,
casser, frapper, balancer, enfin bref, tout verbe de premier groupe du moment
que je sois soulagé de cette rage débordante.
Alors je remonte
sur le pont. Je reprends le clavier. C’était ça ou le flingue. Sois heureux, lecteur, même si tu n’es
pas tiré d’affaire avec ta lobotomie. Quand tu auras fini de faire la gueule,
lectrice, n’oublie pas de débrancher ton écran pour libérer une connexion sur ce
qu’il te sert de cerveau. Economie d’énergie avant tout. La dernière chose dont
tu vas avoir besoin dans un futur proche. Le reste n'est que superflu. Comme ce billet d'humeur. Mais je suis de retour. En noir. Riff d'Angus Young. Ad libitum.