mardi 7 mai 2013

L'anar...chic.


Même si il confesse regarder rarement en arrière, j’en connais un qui doit bien se marrer du côté de Monticello. Soixante dix carats, le playboy dézingueur. Autant de bougies que pour des noces de platine. Sauf que lui, c’est les disques issus du même métal qu’il envisageait. Surtout le chèque qui allait avec en fait. Parce que le flonflon des décorations, non merci. Pas le genre de la maison. Et le digne rejeton du gentleman crooner a pris le relais. Une famille d’orfèvres joailliers de père en fils. Un héritage composé de charmantes et désopilantes mélodies pour six cordes. Les chiens ne font pas des chats ? Tant mieux. Un demi-siècle de carrière et toujours la même popularité, le parigot en exil sur l’île de beauté. Quand la gouaille rencontre l’omerta. Tout un programme. Bien sûr qu’il a ses détracteurs. Nonchalant, il continue son bonhomme de chemin. Alors qu’un célèbre de ses conscrits se prostitue décennie après décennie pour paraître toujours en vogue (je ne citerai pas de nom en son absence puisqu’il arrive que l’idole déjeune), lui ne change pas. Cuir noir, lunettes fumées et cigare pour éternelle panoplie. Nul besoin d’évoquer son nom, tu l’as depuis belle lurette retapissé, perspicace lecteur. Il revient de temps à autre nous saluer. Jamais eu de plan de carrière. Un film par ci, une tournée par là et bientôt trois générations qui s’entrecroisent dans les files d’attente des salles obscures. Peu bavard, les interviews accordées se font rares. Le personnage se planque derrière un sourire narquois et des répliques caustiques. La litote verbale élevée au rang d’art. Il a tout pigé. Ronronnant au milieu de ses chats, laissant hurler les loups. Un coup de griffe sur un titre, un bon mot au détour d’une conversation puis s’en retourne se dorer la pilule sous le soleil corse. Une allure de dandy désinvolte et paresseux (dandylettante ?) qui finit au fil du temps par laisser filtrer un caractère bosseur et malgré tout attentif sur ce qui l’entoure. Les trop nombreux distributeurs d’étiquettes le cataloguent anar de droite, de sa période cynique anti yéyé à son apogée d’opportuniste césarisé de la pellicule. Bof. A l’instar de Desproges qui se définissait comme un humoriste « non pas engagé mais dégagé », l’adepte aux mille calembours fredonnés pourrait être considéré comme son alter ego musical. Mais laissons tomber les comparaisons foireuses. Quand beaucoup ne cherchent à exister qu’au travers du regard des autres, il est lui et c’est déjà pas mal. Un côté sauvage comme les félins qui l’entourent, un peu chien de par la fidélité de ses amitiés.
Quand un journaleux lui demande quand il compte stopper sa carrière, il répond : « Le jour où je chanterai que mon dentier est un cactus ». CQFD. Une ultime pirouette qu’un contorsionniste  n’aurait pas renié. Alors voilà, sur l’air de Merde in France, le pirate (à tête de maure) te souhaite un bon anniversaire (moi à boire). A tes amours (moi l’nœud, enfin ce qu’il en reste).