« T'es pas sur Facebook ? ». Non. Je n’ai pas de compte. Volontairement. Non par peur du
flicage car je pense depuis longtemps que Big Brother ricane au dessus de la
tombe profanée de son créateur Orwell. Plus simplement, je possède déjà ce blog
qui permet d’exprimer ce dont j’ai envie et sans la moindre contrepartie.
Seul à bord. Donc ne viens pas geindre, toi le converti du zéro social. Je te
cède ma place sur le réseau, tu pourrais dire merci au looser asocial.
Je ne touite pas non plus. Répertorié de longue date Agefiph du texto par mes proches,
je ne suis plus à ça près. Taper la converse entre 140 (je cause du
nombre de caractères autorisés, pas du QI des protagonistes, hein !) afin de faire baver plus
tard des lobotomisés avec ce fameux retweet décroché de haute lutte à de pseudo
personnalités. Atrophiés de la langue autant que du cervelet. A croire que ton but unique est d'obtenir la
consécration dans le Guinness Book, rubrique nombre de followers. Prouver que tu existes, que tu possèdes un carnet d’amis, de relations. Tout là bas. A l’autre
bout du réseau. Si proche et si loin à la fois. Je t’observe en loucedé le
greffé de l’aïe faune. Le mobile comme un prolongement de la pince du père Adam. Ami
manchot, ne te biles pas, ils ont pensé également à toi : oreillette et micro au rayon accessoires. La
Vénus de Milo réhabilitée par Oranbouysfree.
Quant à ce besoin perpétuel de demander
ou rendre des comptes. Actes comme paroles. Partout. A tout le monde. Quel que
soit le lieu, l’heure, la moindre vibration smartphonesque et tu dégaines aussi
vite que James Coburn son couteau dans les Sept Mercenaires. Exemple encore ce
jour. Une mégère au faciès lasuré Casto spéciale champignons et moisissures, vitupère dans
son gadget nippon sous les regards courroucés de la file d’attente démesurée d’hypermarcheurs
dont je fais hélas quelquefois partie lorsque le frigo familial ressemble aux bourses d'un président du FMI après un bref passage dans un Sofitel amerloque. « T’es
où ? » questionne Miss Syntilor. « Dans ton c… » me pris-je
à espérer fortement comme réponse de l’interlocuteur, après qu’elle n’eut
daigné poursuivre le déchargement de son caddie blindé sur le tapis roulant
pour cause de curiosité maladive.