mercredi 12 septembre 2012

Veni, vidi, Xavi.

Je vais vous faire un aveu. J’aimais me déplacer afin de contempler la chose footballistique. Oui, je sais, chers abonnés de l’Art du Potager Magazine ou de Belles-lettres Hebdo, ne vous taillez pas tout de suite les veines à l’économe ou au marque page affûté, nobody is perfect. La dégustation d’un kebab sauce blanche acquis chez mon aubergiste ottoman favori avant le coup d’envoi, le postérieur bien calé sur de modestes gradins de stade balayés par les rayons d’un soleil estival couchant, comme dirait ma progéniture, je kiffais grave.

Mais soyons plus précis. D’un point de vue individuel, j’affectionne particulièrement les joueurs élégants et techniques. Comme jadis Monsieur Johan Cruyff. J'écris « Monsieur » dans le cas où ce dernier lise cet admirable post et m’envoie deux billets pour assister aux dernières représentations de Xavi, autre élégant encore en activité mais hélas pour combien de temps encore. Voir dans son antre du Camp Nou le maestro à la baguette, moulée ou vissée en crampons de 16 peu m'importe,  puis mourir, dussé-je me passer de mon ultime kebab d’avant match.

Sinon, je ne trouve pas déplaisants les forçats de l’entrejeu, ces laborieux volontaires qui savent se mettre au service des élégants techniques. Comme par exemple, euh…. Comme beaucoup de milieux défensifs dont je tairai le nom pour ne pas offenser leurs familles ou connaissances qui dévorent également ma prose par milliers. Collectivement parlant, des clubs aussi éclectiques que Barcelone, Liverpool ou le modeste Sankt Pauli m’ont toujours séduit. Un passé, une ambiance, des spectateurs qui honorent l’appellation de « supporters ». Et c’est précisément là, après moult péripéties verbales, que je voulais en venir.

J’aimais aller voir du foot. Pourquoi cet imparfait péremptoire ? Parce que je me rends de moins en moins dans les enceintes sportives dédiées au ballon rond. Manque de spectacle ? Non. A chaque génération n’éclot pas forcément de virtuose ou un jeu collectif bien léché. La lassitude devant l’omniprésence du football sur nos ondes ? Non plus. Personne ne me met un flingue sur la tempe. Alors quoi ? Juste par ta faute. Oui, la tienne. Toi, mon ex voisin de tribune et maintenant même plus de canapé domestique sous peine de carton rouge distribué au Magnum 44 ou au Beretta 92 fillette par mes bons offices. Lis moi bien, toi le jeune ou vieux braillard - le temps n’y fait rien à l’affaire dixit Tonton Georges, gardien éternel du FC Sète – toi donc qui éructe la bave aux lèvres, par haine, jalousie, esprit de clocher, snobisme ou que sais-je encore sur les qualités, le physique, l’âge pseudo canonique, les supposées orientations sexuelles et professions maternelles de mes élégants préférés du rectangle vert, je te conchie définitivement. Ainsi soit-il.