Je vais vous
faire un aveu. J’aimais me déplacer afin de contempler la chose
footballistique. Oui, je sais, chers abonnés de l’Art du Potager Magazine ou de
Belles-lettres Hebdo, ne vous taillez pas tout de suite les veines à l’économe
ou au marque page affûté, nobody is perfect. La dégustation d’un kebab
sauce blanche acquis chez mon aubergiste ottoman favori avant le coup d’envoi,
le postérieur bien calé sur de modestes gradins de stade balayés par les rayons
d’un soleil estival couchant, comme dirait ma progéniture, je kiffais grave.
Mais soyons plus
précis. D’un point de vue individuel, j’affectionne particulièrement les
joueurs élégants et techniques. Comme jadis Monsieur Johan Cruyff. J'écris « Monsieur » dans le cas où ce dernier lise cet admirable post et
m’envoie deux billets pour assister aux dernières représentations de Xavi, autre
élégant encore en activité mais hélas pour combien de temps encore. Voir dans son antre du Camp Nou le maestro à la baguette, moulée ou vissée en
crampons de 16 peu m'importe, puis mourir, dussé-je me passer de mon ultime kebab d’avant match.
Sinon, je ne
trouve pas déplaisants les forçats de l’entrejeu, ces laborieux volontaires qui
savent se mettre au service des élégants techniques. Comme par exemple, euh….
Comme beaucoup de milieux défensifs dont je tairai le nom pour ne pas offenser
leurs familles ou connaissances qui dévorent également ma prose par milliers.
Collectivement parlant, des clubs aussi éclectiques que Barcelone, Liverpool ou
le modeste Sankt Pauli m’ont toujours séduit. Un passé, une ambiance, des
spectateurs qui honorent l’appellation de « supporters ». Et c’est
précisément là, après moult péripéties verbales, que je voulais en venir.
J’aimais aller
voir du foot. Pourquoi cet imparfait péremptoire ? Parce que je me rends
de moins en moins dans les enceintes sportives dédiées au ballon rond. Manque
de spectacle ? Non. A chaque génération n’éclot pas forcément de virtuose
ou un jeu collectif bien léché. La lassitude devant l’omniprésence du football
sur nos ondes ? Non plus. Personne ne me met un flingue sur la tempe.
Alors quoi ? Juste par ta faute. Oui, la tienne. Toi, mon ex voisin de
tribune et maintenant même plus de canapé domestique sous peine de carton rouge
distribué au Magnum 44 ou au Beretta 92 fillette par mes bons offices. Lis moi
bien, toi le jeune ou vieux braillard - le temps n’y fait rien à l’affaire
dixit Tonton Georges, gardien éternel du FC Sète – toi donc qui éructe la bave aux
lèvres, par haine, jalousie, esprit de clocher, snobisme ou que sais-je encore sur les qualités,
le physique, l’âge pseudo canonique, les supposées orientations sexuelles et
professions maternelles de mes élégants préférés du rectangle vert, je te conchie définitivement.
Ainsi soit-il.