jeudi 8 novembre 2012

De profundis piratibus

La Toussaint s’achève. Et je suis mort. De rire. Devant tous ces bouquets, plantes en pots et autres couronnes mortuaires déposés sur les stèles la larme à l’œil et la goutte au groin par des âmes sensibles ou allergiques aux pollens tardifs. Que veux-tu lecteur endeuillé, et pas seulement du bocal, je ricane. Bien calée entre les journées du patrimoine et la sortie du beaujolais nouveau, la visite annuelle du caveau familial chaque début de novembre figure en bonne place dans ton agenda. Des fois que les multiples foires aux vins automnales te fassent négliger une éventuelle mise en bière agrémentée d’un dépôt de gerbe en bonne et due forme.

Bien sûr, il n’est pas rare d’apercevoir des quidams, catholiques de peu de foi (car une seule fois par an), se rendant dans nos cimetières le premier du même mois, alors que la commémoration des défunts n’a lieu que le lendemain. Pas prêts de connaître les joies ineffables de la béatification, les mécréants. Ne pas confondre. Le premier novembre est le jour dédié aux élus sanctifiés par la maison mère. Exemples : Sankt Pauli et son fidèle Jolly Roger ou  Saint Patrick célébré sous forme de bock, de pinte, etc,... Sérieux, n’est-ce pas formidable ? Ouarf, ouarf. Sourire goguenard de comptoir, les voies de la canonisation demeurent impénétrables à l’agnostique qui sommeille en moi. Je préfère m’adonner au v(a)in plaisir du canon descendu en moins de temps qu’il n’en faut à la grenouille de bénitier pour croasser sa prière vespérale.

Attention. Loin de moi l’idée, lecteur baptisé au champagne, c’est toujours ça de pris, de me gausser de tes pieux égards envers le Très Haut. Je me refuse à faire partie du lot des intégristes de tout poil, adorateurs ou pourfendeurs de croyances. Tu connais mon individualisme ? Dis moi qui tu suis, je te dirai qui je hais. Chacun son parachute, et rendez-vous au tas de sable. Cible de tout atterrissage final jusqu’à preuve du contraire. Parce que pour ce qui est de s’élever vers les cieux éternels, à part postuler comme homme canon ou perchiste sur vitaminé, j'ai des doutes.

Alors que je me recueillais sur un banc d’église lors du décès d’un mien aïeul et que j’en profitais pour exhorter le Barbu de me rendre Léo Ferré en échange de David Guetta, ma cadette qui n’en rate pas une, m’apostropha en ces termes : « Et toi, Papa, tu veux être incinéré ou enterré ? ». Ni l’un, ni l’autre. T’as rien d’autre en vitrine ? C’est ça le choix ultime ? Becqueté par des asticots nécrophiles ou lyophilisé dans un micro-ondes estampillé Borniol ? Non ? Bon. Vous déciderez sans moi. Vote à main levée ou billet dans l’urne. Funéraire.