Il ne faudrait pas vieillir. Sombre pensée revenant en boucle quand j’observe ou écoute un être chéri qui me déçoit. Que ce dernier fusse connu du grand public ou simplement proche de moi, d'ailleurs. Cette semaine encore. Alain
Delon. Non lectrice septuagénaire voire moins, ne commence pas à te précipiter, petite culotte au vent, sur les chemins menant à
mon humble demeure des fois que le Tricao soit cousin, neveu ou fils illégitime
de star. Ni toi lecteur, toujours prompt à venir ricaner sous mes fenêtres sur mes goûts cinéphiles archaïques comme l'abruti séculaire que tu es. Oui, je suis fier de penser que celui qui
incarna Francis dans Mélodie en sous-sol est un des plus grands acteurs encore vivants et je t’emmerde. Un homme qui a tourné sous la direction de Melville, Visconti, Clément, Lautner, Deray, Losey,
Verneuil ou autre Bertrand Blier ne peut m’inspirer qu'une haute considération.
Oui mais voilà, c’était avant le drame. Le zapping dominical m’a tué. Le petit
écran a flingué mes dernières illusions.
Alain, vous permettez que je vous appelle
Alain ? Non ? Bon alors Roger, comme le fameux Sartet, associé malfaiteur victime de siciliens réputés pour leur honneur tatillon. Ou alors Hugo, à l’instar du gitan
dépeint sans loi mais avec foi par José Giovanni. Mais je continuerai à vous
vouvoyer, Monsieur Delon. Par respect. Bref. Alain, pourquoi aller se perdre définitivement
dans cette supercherie digne d’une foire bovine qu’est cette élection du plus beau croupion hexagonal accompagné de pommes plus dauphines que les autres ? Je parle à l’esthète, au charmeur, à celui qui
fût le symbole d’une galanterie hélas désuète. Au prince qui a côtoyé la beauté
fatale de reines comme Romy Schneider et Claudia Cardinale ou le caractère bien
trempé d’une Simone Signoret. Est-il possible que le Tancredi du Guépard
s’efface devant les hyènes télévisuelles ? Que la Tulipe Noire devienne mauvaise herbe au contact du ciment brut de la Bouygues Company ?
Vous vous définissez souvent sous l'appellation d'« homme libre ». Mais la liberté n’est pas d’accepter n’importe quoi. De frayer avec n'importe qui. Question de choix. C’est le vôtre. Ok. Tant pis. Je me contenterai de ressortir des cartons mes vieux DVD comme Mère Grand devant son classeur de photos jaunies d’où s’échappent mélancolie et nostalgie du temps jadis. Roch Siffredi, Gino Strabbliggi, Corey, Robert Klein, Edouard Coleman, Xavier Maréchal et le silencieux Jeff Costello seront sept images gravées à jamais dans ma mémoire. Ma famille Delon. Bonne pioche. Vous êtes avec Belmondo les derniers mohicans de ce que les maudits cons appelaient péjorativement le cinéma à Papa. Je vous tire mon Borsalino à ce titre.
Vous vous définissez souvent sous l'appellation d'« homme libre ». Mais la liberté n’est pas d’accepter n’importe quoi. De frayer avec n'importe qui. Question de choix. C’est le vôtre. Ok. Tant pis. Je me contenterai de ressortir des cartons mes vieux DVD comme Mère Grand devant son classeur de photos jaunies d’où s’échappent mélancolie et nostalgie du temps jadis. Roch Siffredi, Gino Strabbliggi, Corey, Robert Klein, Edouard Coleman, Xavier Maréchal et le silencieux Jeff Costello seront sept images gravées à jamais dans ma mémoire. Ma famille Delon. Bonne pioche. Vous êtes avec Belmondo les derniers mohicans de ce que les maudits cons appelaient péjorativement le cinéma à Papa. Je vous tire mon Borsalino à ce titre.
Il n'y a pas de plus profonde solitude que celle du samouraï. Si ce n'est celle d'un tigre
dans la jungle… Ou celle d’un aficionado
delonesque devant Miss Charolais. Adieu l'ami.