mardi 19 février 2013

Con se le dise !



Un cartel de moussaillons me taraude pour que j’ouvre une rubrique « commentaires ». Soyons clair une bonne fois pour toutes. C’est irrémédiablement non. « Y’a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis », claironnes-tu. Y’a que les renégats qui en changent comme de chemise. Vilain pointu qui finit dans la lucarne opposée et te renvoie dans tes buts avec ta sentence à la noix, mon coco. Filtrer les diatribes de chacun, séparer le bon grain de l’ivraie, répondre rapidement, etc. Bof. De plus, je supporte de moins en moins les cons. Et le con est partout. Même sur les blogs. Surtout sur les blogs. Bien ancré dans les commentaires. Alors profitons de ce nouveau scribouillage pour définir ce con qui hante la toile. Car même si tout a été dit sur le Con, le con des commentaires de blog est un concept nouveau qu’il convient de traiter avec tous les égards dus à son rang de crétin internetophile. Il n’y a rien de plus sordide qu’un con des commentaires de blog. Hormis peut-être le con des salles obscures et ses commentaires insipides d’abruti qui se croit dans son canapé familial alors qu’il occupe le fauteuil pile derrière toi. Mais je m’égare.

Le con des commentaires de blog se reconnaît par le besoin d’étaler fièrement son incommensurable connerie à la face du web. A grands renforts de « Moi, je pense », « Mon avis est le suivant », « J’ai la certitude que ». Je, je, et encore je. Un égo à en vomir. En conclusion : retournons sa propre arme contre lui. Toi le con des commentaires de blog, JE pense que tu ferais mieux de fermer TA gueule. Mais afin de restreindre le champ d’investigation, concentrons-nous sur les cons des blogs de football. Si tu parcours de temps à autre les sites dédiés au ballon rond, tu les connais forcément ces comptoirs virtuels de supporters. Les cons des blogs de foot signent leurs forfaits sur tous les posts à la gloire du roi Football Premier. Ils sont hélas facilement transférables d’un blog à l’autre. A tel point qu’un mercato des cons des blogs de foot est toujours en vigueur et ce, quelle que soit la saison. Le con des blogs de foot dispose d’une palette assez étendue de signaux pour être identifié, comme celui de ne jurer que par son équipe régionale ou nationale non pas sur le mode chambreur et sympa souvent de mise mais plutôt sur un ton patriotique et péremptoire transpirant de son clavier cocardier. Mais la « Beauf Touch » suprême du con des blogs de foot est qu’il a l’outrecuidance de penser que son avis prévaut sur celui des professionnels du foot : entraîneurs, dirigeants, joueurs anciens ou encore en activité,… Alors le con des blogs de foot distribue à la cantonade ses propres bons points, ses pronostics, sa vision économique du foot, ses choix tactiques, son onze type, etc. Le con des blogs de foot a un avis sur tout. Il a surtout un avis. De con.

Le con des blogs de foot veut être la référence, celui qui compte. Et en bon sous chef auto désigné, il juge tes commentaires ou surenchérit sur une de tes vannes (même bonne) sans que tu l’y ais invité. Il devient super lourd, à la mesure du gros con qu’il est, quand il n’appréhende pas que tu n’as aucune envie d’échanger avec lui, que tu ne seras son pote virtuel ni maintenant ni un autre jour. Le con des blogs de foot pense également être le représentant officiel du propriétaire du blog alors que ce dernier n’en a cure. S’il daigne le calculer, ce n’est que pour augmenter ses statistiques. Vulgaire collectionneur de pages visitées. Ambitionner la place de modérateur d’un expert à la con de la chose footballistique, t’avoueras, quelle carrière ! A chaque contrariété, il éructe, menace de partir, jure ses grands dieux de ne plus s'adresser à celui qui le moque, mais le con des blogs de foot persiste. Il ne lâchera pas sa place de convive d’un célèbre dîner.

Et après avoir pris connaissance de tout cela, tu souhaiterais que je saborde mon petit espace sans commentaires ! Je m’y sens bien. Tout seul. Comme un con. Parce que oui, certainement que pour le con des blogs de foot, je suis un con. Tant mieux. Etre le con d'un con. Quel panard !