jeudi 18 avril 2013

Le pirate piraté


L’arroseur arrosé. Expression peut-être surannée pour toi jeune lectrice. Mais celle du pirate piraté ? Davantage d’actualité, n’est-ce pas ? Parce que cette semaine, en quarantaine que nous l’avons mis ton Jack Sparrow « éructeur » du net ! A fond de cale ! Au pain sec et à l’eau ! Traitement de choc pour c’te fine gueule accoutumée à carburer aux meilleurs rhums sous perfusion. Finito les mojito ! Carte blanche sur fonds noir pour la rébellion ! Mutinerie générale chez les moussaillons de la maison Google & Co ! Motif invoqué : le flibustier de bazar est constamment en vadrouille. Trop. A la moindre escale, le v’là qu’y décarre ventre à terre - et ce n’est pas une image – de son poste de vigie pour aller s’encanailler dans quelques lieux de perdition prétendus culturels. Avec la fulgurance d’un go fast franco-suisse drivé par Rédoine Faïd avec Cahuzac sur le porte bagage, le fourbe Tricao enquille les concerts de rock, les cinémas de quartier mal famés et les lectures polardeuses. Si bien que t'as dû remarquer, son écriture s’en ressent. Comme dirait le dernier rejeton de la famille Courjault : « J’suis en froid avec ma vieille mais faudrait voir à pas me prendre pour un filet mignon congelé ! » Franchement, t’as lu sa dernière salve, lectrice ? Effarant ! A défendre l’indéfendable. Il ose tout. Te parler de liberté d’expression alors qu’il t’interdit de l’ouvrir sur son espace ! Je rêve ! Mais nous v’là à la barre ! Ah il va manger bon, pépère ! Il veut valser de plaisir ? Tanguer au rythme des mots ? On va te le soigner le marathonien des salles obscures ! Le mono muscle (son index) du tournage de pages sur canapé !

Non parce que tiens toi bien l’abonnée, je vais te faire part de son dernier delirium (pas très mince du tout) au vilain corsaire. Y’a quinze jours, escale à Lyon. Nous avions quitté les océans, tombé les voilures pour venir caboter entre Rhône et Saône. « Les gars, ce soir, cap sur la Halle Tony Garnier, haut lieu de pèlerinage de ma tendre enfance et cavalons savourer la prestation du fringant Damien Saez en live. Qui m'aime me suive sinon quartier libre pour tous !». Primo, il y est allé tout seul. Secundo, nous subissons déjà assez ses goûts de chiotte en matière musicale. Sept mois que l’on se cogne l’album « Messina » en boucle. Triple album en plus ! « Rien à jeter, tout à réécouter » qu’il nous sort le forban des fosses communes de concert ! Voilà t’y pas qu’il nous remet cent balles cette semaine. Nouveau set du Brel du pauvre version rock mais en terre grenobloise cette fois. Et ton boucanier scribouilleur de s’y rendre derechef. A vanter la prose subversive et ciselée de l’écorché vif, digne ersatz d’un Bertrand Cantat. A se demander s’il n’a pas la carlingue qui se fissure, le cap’taine Etglou-Etglou ! Supputant que le proverbe à la con « jamais deux sans trois » allait pointer son blair, on a pris les devants. Aux fers qu’on l’a mis, l’Alzheimer des guitares saturées et autres ballades rock and drôles ! Ah il rage le pirate ! Tu l’entendrais vociférer ! Les chants de sirène à côté, tu dirais Carla Bruni & Zazie reprenant du Motörhead ! Mais on ne peut décemment pas le bâillonner. Pas l'envie qui nous manque pourtant ! Mais il serait capable de nous mordre ce rottweiler enragé ! De sacrés chicots qu'il a encore ! Ah ce n’est pas le râtelier de Shane Mc Gowan (le chanteur des Pogues, lectrice ignare !) qu'il arbore l'Tricao ! Pas une carie, l'cochon ! Y t'chope aux mollets, t'es juste bon à supplier un tarot au fournisseur de prothèses de Pistorius ! 

Alors, lectrice, t'as pigé le message ? Une modique rançon versée sous 48 plombes et on te le rend, ton épave. Ton naufragé de la vie. Sinon semaine prochaine, t’es bonne pour souscrire aux pitoyables chroniques de Morandini & Con (sorts). Allez ne sois pas trop vache avec le pirate, il a quand même bon fond.... de cale.